CHABRAT Jean Gabriel & DEVOIZE Octave Léon Amédé

  • CHABRAT Jean Gabriel

CHABRAT Jean Gabriel - Copie

Gabriel nait le 23 février 1879 à Chénérailles, fils de Charles, tailleur de pierres, et Marie Valérie Léger. Il est le dernier des cinq enfants du couple. Alors qu’il a 11 ans en 1890 Gabriel perd son frère ainé Paul Pierre qui n’avait que 20 ans. Au moment de son conseil de révision Gabriel est cuisinier et il vit toujours à Chénérailles.

Il fait partie de la classe 1899, bureau de recrutement de Guéret, matricule 774.

Pour son passage dans l’armée active Gabriel est incorporé au 92e Régiment d’Infanterie le 14 novembre 1900 comme soldat de 2ème classe. Il retrouve sa vie civile au moment de son passage dans la réserve le 29 septembre 1901 avec certificat de bonne conduite.

Le 24 avril 1905 Gabriel épouse Marie Clémentine Devoize à la mairie de Peyrat-la-Nonière. Le couple s’installe ensuite à Aubusson ou il tient un hôtel restaurant 1 rue du marché. Le 3 octobre 1907 le couple accueille son premier enfant, un fils, prénommé Raoul.

Gabriel qui a effectué ses deux périodes d’exercices au 78e Régiment d’Infanterie de Guéret en mars 1906 puis en mai 1909, passe dans l’armée territoriale en octobre 1913. Ce qui ne l’empêche pas d’être concerné par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914. Le 14 il est dirigé sur le 91e Régiment d’Infanterie Territoriale de Guéret, il arrive à la caserne le lendemain. Gabriel rejoint très vite les unités combattantes, le 1er octobre 1914 il intègre le 278e Régiment d’Infanterie, unité qui vient d’être créée à partir du 78e Régiment d’Infanterie de Guéret. Gabriel arrive au front au moment ou son régiment est engagé dans le mouvement dit de la course à la mer. Les deux adversaires tentent de prendre à revers l’armée ennemie pour l’encercler, si les français sauvent les ports de la Manche cela ne fait pas progresser le front et la guerre s’enterre. Gabriel comme tous les autres soldats creusent les premières tranchées, la guerre de position commence.

Le 278e Régiment d’Infanterie est dans la Somme au début de l’hiver 1914 et toute l’année 1915, il tient les secteurs du Quesnoy et de Parvillers. C’est la vie des tranchées pour Gabriel, le danger permanent, le froid hivernal ou la chaleur étouffante, les odeurs, les poux, la vermine, les cadavres avec lesquels il faut cohabiter. C’est des combats réguliers, des attaques à mener, les contres offensives ennemies à arrêter, les gazages, le pilonnage de l’artillerie adverse toujours plus violent. En 1916, le régiment est dans l’Oise en février puis après une réorganisation en juin il reprend position dans la Somme, où une des plus terribles batailles va commencer. Gabriel y prend part notamment à l’attaque générale du combat d’Ablaincourt (Somme) les 7 et 8 novembre.

Le 3 décembre 1916 le régiment est relevé et commence l’année 1917 dans l’Oise avant de retrouver la Somme au mois de Mars et de plonger dans la terrible bataille du Chemin des Dâmes à partir du 12 mai au secteur de Laffaux. A différents postes sur le chemin, le régiment se bat pendant plusieurs mois jusqu’au 28 novembre ou Gabriel et le régiment sont relevés. Le 13 janvier 1918 il rejoint le 216e Régiment d’Infanterie qui s’apprête à partir en Argonne. Au début de l’été le régiment est dans l’Aisne. Le 24 juillet Gabriel est porté disparu. Son corps est retrouvé, le 29 juillet 1918 après 3 ans 9 mois et 18 jours Jean Gabriel Chabrat est mort au front au niveau de la côte 141 entre Rocourt-Saint-Martin et la Poterie (Aisne), il avait 39 ans. Il laisse un fils de 11 ans.

Après guerre son corps est restitué à la famille par le train funéraire au départ de Brienne-le-Château (Aude) le 5 juillet 1921. Si son nom est inscrit au monument aux morts de Chénérailles où il est né et celui d’Aubusson où il vivait ; c’est dans le cimetière de Peyrat-la-Nonière que son épouse fait reposer le corps de Gabriel. Il partage la plaque avec le frère de son épouse.

CHABRAT Jean Gabriel & DEVOIZE Octave Léon Amédée - Copie

Ses quatre frères ont aussi été mobilisé lors de ce conflit :

  • Annet Auguste, né le 29 mars 1873 à Issoudun Létrieix, classe 1893 bureau de recrutement Guéret matricule 1364, après un service militaire au 56e Régiment d’Infanterie, il est mobilisé au 91e Régiment d’Infanterie Territoriale mais est dans un premier temps il est renvoyé dans ses foyers avant d’être rappelé au mois de novembre. Il sert dans différents régiments d’Infanterie Territoriaux, puis est démobilisé le 29 décembre 1918, il se retire à Chénérailles où il continue d’être boucher.
  • Émile Annet, né le 1er mars 1876 à Chénérailles, classe 1896 bureau de recrutement Guéret matricule 1827, exempté de service actif pour perte de la vue de l’oeil droit. Il est classé service auxiliaire par le conseil de révision en décembre 1914, il arrive au 91e Régiment d’Infanterie Territoriale le 12 novembre 1915 puis il est affecté le 21 février 1916 à la compagnie hors rang du régiment. Il est démobilisé le 5 février 1919 et s’installe boucher à Guéret.
  • Pierre Ernest, né le 3 mai 1877 à Chénérailles, classe 1897 bureau de recrutement Guéret matricule 421. Il fait ses classes comme zouave de 2ème classe au 1er Régiment de Zouaves. A la mobilisation générale il est rappelé à l’activité et rejoint comme ses frères le 91e Régiment d’Infanterie Territoriale. Pierre Ernest est basculé au 291e Régiment d’Infanterie Territoriale à la création de celui-ci le 1er septembre 1915. Il sert dans la Marne essentiellement en 1916. Le 25 avril 1917 Pierre Ernest Chabrat est tué par un eclat d’obus à Laffaux (Aisne), il avait 39 ans. Son nom est au monument aux morts de Chénérailles à coté de celui de son frère cadet.

Charles et Marie ont perdu deux de leurs quatre fils dans les tranchées de l’Aisne au cours de ce terrible conflit.

 

  • DEVOIZE Octave Léon Amédé

DEVOIZE Octave Amédée - Copie

Octave est né le 5 janvier 1896 à la Mazeire sur la commune de Peyrat-la-Nonière, il est le quatrième des cinq enfants de Gabriel, cultivateur, et de Marie Mathivet, cultivatrice. Octave est mécanicien ajusteur et vit avec ses parents à la Mazeire.

Il fait partie de la classe 1916, bureau de recrutement Guéret, matricule 818.

La guerre est gourmande en hommes, Octave comme toute la classe 1916 est incorporé avec 18 mois d’avance. Il arrive le 11 avril 1915 comme soldat de 2ème classe au 138e Régiment d’Infanterie. A la fin de sa période de formation, le 29 janvier 1916, Octave est détaché à l’éclairage électrique au 83 avenue Leclerc à Lyon. Il est malheureusement malade, gravement. Le 4 mai 1916 Octave Léon Amédé Devoize meurt d’une forme de la tuberculose à l’hôpital 18 à Lyon. Il avait 20 ans. Contrairement à ce qu’indique la plaque, il ne sera pas reconnu Mort pour la France.

Son corps repose dans le cimetière de Peyrat-la-Nonière au côté du mari de sa sœur, sous la plaque à la mention morts pour la France ou Octave pose en tenue civile.

CHABRAT Jean Gabriel & DEVOIZE Octave Léon Amédée - Copie

Ses frères ont aussi été mobilisé lors de ce conflit :

  • Armand Marie, né le 7 novembre 1881 à Peyrat-la-Nonière, maréchal-ferrant, classe 1901 bureau de recrutement Guéret matricule 643. Après un service militaire au 36e Régiment d’Artillerie qui le voit accéder au grade de brigadier, il est mobilisé le 1er août 1914 et reste à l’intérieur jusqu’au 27 avril 1916 qu’il arrive au front avec le 27e Régiment d’Artillerie. Il est envoyé en congés de démobilisation le 10 mars 1919. Il se retire à Chénérailles où il est maréchal-ferrant.
  • Gilbert Eugène, né le 7 septembre 1883 à Peyrat-la-Nonière, maçon, classe 1903 bureau de recrutement Guéret, matricule 555. Il fait son service actif au 78e Régiment d’Infanterie puis intègre le 21e Régiment d’Artillerie à son passage dans la réserve. C’est avec cette unité qu’il part au front en août 1914. Il sera blessé par eclats d’obus puis touché par la terrible grippe dite espagnole. Il sera démobilisé en 1919 très fatigué.
  • Seul le cadet Camille Marius Octave né le 29 mai 1901 à Peyrat-la-Nonière n’a pas été concerné par la 1ère Guerre Mondiale, il connaitra cependant la débâcle du 1940 au cours de laquelle il sera cité à l’ordre du régiment pour ses faits d’armes.

 

 

 

 

 

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