COLOMBIER Paul Marie

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Paul est né le 27 mai 1881 à Beaume sur la commune de Basville, il est le huitième des  douze enfants de Martin et Henriette Labus. La vie est violente avec Martin et Henriette qui ont perdu en bas âge leurs quatre premiers enfants. Au moment de son conseil de révision Paul est pelletier, il vit toujours avec sa famille à Beaume.

Il fait partie de la classe 1911, bureau de recrutement de Guéret, matricule 1591.

Ajourné pour faiblesse en 1902, Paul est reconnu apte en 1903 et incorporé au 56e Régiment d’Infanterie le 15 novembre 1903 comme soldat de 2ème classe. Il est d’abord promu soldat de 1ère classe le 11 octobre 1904 puis Caporal le 26 mars 1905, puis est envoyé dans la disponibilité le 23 septembre 1905 avec certificat de bonne conduite.

Le 16 juin 1908 Paul épouse Marie Julie Clémence Hélène Mérigot à la mairie de Néoux. Le couple s’y installe et c’est au lieu-dit Chez Tavelle que la famille s’agrandit, d’abord d’un fils Marie, Clément, Fransisque né le 6 août 1909, puis de 2 filles Hélène Léonie Marie née le 19 novembre 1910 et Marie Irène Paulette née le 23 août 1912. Pendant cette période Paul justifie à ses obligations militaires, il fait ses deux périodes d’exercices au 78e Régiment d’Infanterie de Guéret, d’abord à l’automne 1909 puis au printemps 1911.

Et puis le 1er août 1914, la vie de Paul comme celle de ses trois frères et de milliers de creusois, bascule, c’est la mobilisation générale, la France marche à la guerre. Paul dirigé vers le 78e Régiment d’Infanterie, arrivé à la caserne de Guéret le 12 août, il rejoint le front le plus vite possible à la tête de son escouade. Le baptême du feu a lieu le 22 août en Belgique et même s’il ne s’agit pas d’un véritable combat, le régiment connait son premier deuil. Il y a ensuite la retraite dans des conditions extrêmes, les marches longues sous un soleil de plomb, les positions à fortifier en hâte, et reculer encore et encore. Les privations, les nuits sans sommeil, la peur cette compagne qui ne le quittera sans doute plus jamais. Le 27, le régiment est vers Raucourt et le 28 au matin c’est l’attaque avec objectif, le bois de Gerfaux. Le journal du régiment indique que celui-ci est « hors d’état de prolonger son effort mais qu’il a arrêté l’ennemi pendant huit heures de violent combat, malgré l’extrême fatigue des jours précédents. Tout le monde a fait vaillamment son devoir ». Il manque alors à l’appel, 21 officier, 48 sous officiers, 835 caporaux et soldats, une véritable hécatombe. Et pourtant les hommes continuent dès le 29 août le repli reprend puis les offensives, les contre offensives, les combats, les morts.  Le 24 septembre Paul se dirige vers Reims, au loin  les soldats du 78e Régiment d’Infanterie voient la cathédrale incendié et ils prennent position devant Saint-Léonard avec l’espoir de déloger les Allemands du Massif du Berru. Les combats sont intenses les 25, 26 et 27, si les efforts permettent aux hommes du 78e Régiment d’Infanterie de conquérir un peu de terrain cela ne permet pas d’entamer les lignes allemandes qui se sont retranchées sur les pentes du massif, et déjà les positions se fortifient. Cette guerre que les hommes croyaient courte prend un tout autre tournant, elle va être longue. Le régiment guérétois tient un secteur entre Aubérive et Souain, ce sera tantôt devant Braconnes, Saint Hilaire le Grand, et Jonchery sur Suippe. Dans le froid, la boue, les tranchées pleines d’eau, les rats, les poux et les morts avec lesquels les soldats doivent cohabiter dans un paysage d’apocalypse. Après 4 mois, il n’est plus vraiment question d’attaques importantes, plutôt de tenir et d’attaques partielles.

Le 21 décembre 1914 c’est au tour du 78e Régiment d’Infanterie d’attaquer avec objectif le saillant dit «  le bois B ». L’artillerie a fait quelques brèches dans les défenses adverses mais les mauvaises conditions, nuit et pluie, ont empêché d’atteindre les tranchées ennemies, et à l’heure de l’attaque les compagnies s’élancent au pas de course mais les rangs s’éclaircissent vite. Les pertes sont terribles à Jonchery-sur-Suippes (Marne), parmi tous les morts, Paul Marie Colombier, il avait 33 ans. Il laisse une épouse enceinte, qui accouche le 23 janvier 1915 d’une petite Paulette Marie Yvonne – sait-elle alors que son époux est décédé – et trois enfants de deux, trois et quatre ans.

Après guerre son corps est rendu à sa femme par le train funéraire au départ de Brienne le Château (Aube) le 6 mai 1922, si son nom est inscrit aux monuments aux morts de Basville et de Néoux, c’est dans le cimetière de Sainte-Feyre-la-Montagne qu’il repose. Les drames ne sont malheureusement pas finis pour la famille, l’aîné des quatre enfants de Paul meurt accidentellement le 24 août 1930, père et fils partagent la même plaque souvenir.

colombier paul marie (1) - copie

 

Les trois frères cadets de Paul ont aussi servi pendant le conflit :

  • Joseph Antoine Raould, né le 10 octobre 1884 à Basville, – classe 1904, bureau de recrutement Guéret, matricule 1660 – rappelé sous les drapeaux à la mobilisation, il est incorporé au 321e Régiment d’Infanterie, il part aux armées le 12 août 1914, évacué le 28 août 1914, sa guerre est une succession de commission de reforme, dont la décision varie d’une fois sur l’autre. Le 14 juin 1919 il est envoyé en congés de démobilisation.
  • Théophile Lucien Prosper, né le 10 octobre 1884 à Basville, – classe 1904, bureau de recrutement Guéret, matricule 1638 – rappelé sous les drapeaux à la mobilisation générale il est basculé au 121e Régiment d’Infanterie au début de la guerre, blessé ou malade à de nombreuses reprises, il est hospitalisé lorsque sonne la fin des combats. Il sort le 23 novembre 1918 et est proposé pour la réforme par la commission de Limoges.
  • Pierre Paul Marien, né le 12 juillet 1890 à Basville – classe 1910, bureau de recrutement Guéret, matricule 1216 – rappelé sous les drapeaux à la mobilisation, il sert pendant toute la guerre au 126e Régiment d’Infanterie, il est démobilisé le 1er aout 1919. Pierre a été cité à l’ordre du régiment le 25 juin 1918.

 

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