BOURBONNAIS Jean Marie Lucien

BOURBONNAIS Jean Marie Lucien (4) - CopieLucien est né le 23 novembre 1890 au lieu-dit la Chirade sur la commune de  Reterre où sa maman Antoinette Bezon était domiciliée de façon passagère, son père Jean, maçon, était lui domicilié au Mazeau sur la commune voisine d’Arfeuille-Château. La famille qui s’installe définitivement à la Chirade en 1891 s’agrandit les années suivantes avec l’arrivée le 31 décembre 1892 de Marthe Gilberte puis le 18 juillet 1895 de Marie Ernestine et enfin le 19 novembre 1897 de Jean Amédée. Au moment de son conseil de révision Lucien est maçon, son père et sa mère sont alors journaliers.

Il fait partie de la classe 1910, bureau de recrutement Guéret, matricule 883.

Pour la partie active de son service militaire Lucien est incorporé le 7 octobre 1911 au 126e Régiment d’Infanterie de Brive la Gaillarde comme soldat de 2ème classe. Il est promu soldat de 1ère classe le 1 septembre 1912, avant de passer dans la réserve de l’armée active avec certificat de bonne conduite le 8 novembre 1913.

Lucien s’installe à Senlis (Oise) mais n’en oublie pas son village et sa fiancée, domestique dans la maison voisine de celle de ses parents, en effet le 21 février 1914 à la mairie de Reterre il épouse Pauline Eugènie Marie Loubeau originaire de Mainsat. Le bonheur conjugal est terriblement court pour le jeune couple, ils sont très vite rattrapés par l’histoire en marche.

La mobilisation générale sonne le 1er août 1914, Lucien qui n’a pas fait faire de changement auprès des autorités militaires est peut-être dans l’Oise, très loin de Pauline, son épouse enceinte, quand il entend ce jour là le tocsin, a-t-il le temps de repasser par Reterre embrasser sa femme, ses parents et ses frères et sœurs, je ne sais pas, mais le 3 août 1914 il retrouve la caserne du 126e Régiment d’Infanterie de Brive qu’il avait quittée il y a si peu, le temps de s’équiper et le vendredi 7 les hommes sont prêts à partir. Le départ a lieu le lendemain, un important convoi ferroviaire s’ébranle de la gare de Brive la Gaillarde à destination du front de la Marne et c’est à marche forcée que les hommes s’approchent de la frontière. Le 21 août 1914 les premiers coups de canons se font entendre, la guerre commence vraiment pour Lucien et ses camarades, mais un terrible orage calme pour un temps les ardeurs des deux camps. Un temps très court, dès le lendemain c’est le baptême du feu pour le régiment dans la forêt d’Herbemont, et c’est les premières pertes humaines, quinze hommes sont tués, en suivant le régiment reçoit l’ordre de se replier, et c’est une nouvelle succession de journées à marche forcée que vit Lucien. Le 26 août le 126e Régiment d’Infanterie reçoit l’ordre de s’établir aux avants-postes pour défendre les passages de la Meuse. Si la journée du 27 se passe à attendre l’ennemi, le lendemain le régiment lui fait face à Yoncq (Ardennes) et se bat toute la journée pour arrêter quelques heures l’avancée des troupes allemandes. Dans ces combats Jean Marie Lucien Bourbonnais, âgé de 23 ans, est porté disparu, présumé blessé.

Aujourd’hui nous savons qu’il n’en est rien mais son épouse, elle, ne le saura officiellement que le 10 août 1920 par la décision du tribunal de Senlis. C’est en ne sachant pas ce qu’il est advenu de son époux qu’elle met au monde leur fils Amédée Lucien le 10 décembre 1914 à Reterre.

Ce petit garçon qui n’a jamais connu son papa portera une bien lourde hérédité. C’est dans les affres de l’autre guerre mondiale qu’il sera pris. Sergent au 121e Régiment d’Infanterie en 1940 il est fait prisonnier par les troupes nazies et échoue au stalag XVII-A à Kaisersteinbruch en Autriche. Nous ne savons pas les circonstances mais Amédée meurt au camp le 8 avril 1945 au moment de l’encerclement du secteur par l’armée soviétique. 30 ans après son père, il est lui aussi Mort Pour La France. Pauline, trois décennies après avoir vu le nom de son mari gravé sur le monument aux morts de Mainsat, voit ajouter celui de son fils unique. Un double deuil qu’elle portera toute sa vie durant.

BOURBONNAIS Jean Marie Lucien (1) - Copie
Malheureusement 74 ans après le visage d’Amédée Lucien BOURBONNAIS a disparu

Père et fils qui ne se sont jamais connu mais qui partagent la même mention, sont réunis sur la plaque funéraire sur le caveau familial dans le cimetière de Mainsat. Une plaque que le temps qui passe n’a malheureusement pas épargné, les portraits des deux hommes ne sont malheureusement plus distincts.

BOURBONNAIS Jean Marie Lucien (2) - Copie

 

Le frère cadet de Lucien, Jean Amédée né le 19 novembre 1897 à Reterre, a lui aussi été mobilisé pendant la 1ère guerre mondiale, d’abord classé dans la cinquième partie de la liste en mai 1916 pour faiblesse, il est finalement classé service armé par la commission de réforme en mai 1917. Il sert dans différents régiments d’infanterie jusqu’à la fin de la guerre, et est démobilisé le 24 septembre 1919.

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